La facture Landsbanki pour Enrico Macias: 43 millions d’euros

15 11 2010

La facture est salée, amère même pour Gaston Ghrenassia, alias Enrico Macias. Il a perdu 43 millions d’euros dans la débâcle de Landsbanki, selon un avocat avec qui j’ai discuté aujourd’hui. Rappelez-vous, Landsbanki c’est une de ces banques islandaises qui se sont effondrées comme des château de cartes en octobre 2008, quelques semaines après la faillite de Lehman Brothers.

Et le chanteur français avait investit gros dans un placement particulièrement attractif proposé par Landsbanki en France, via sa filiale luxembourgeoise. Le placement s’est en fait avéré pourri, voire frauduleux (ce que j’avais expliqué ici en mars 2009, quand les investisseurs lésés s’étaient rendus compte de l’escroquerie). Le problème d’Enrico Macias, c’est que les liquidateurs de Landsbanki Luxembourg lui réclament désormais sa fortune. Lire la suite »





Cachez cette liste grise que je ne saurais voir

28 10 2010

Le Luxembourg va-t-il encore une fois se retrouver sur une liste grise? Après celle de l’OCDE en avril 2009, dont le Luxembourg était sorti promptement, c’est celle du GAFI (Groupe d’action financière) qui menace. Et les conséquences pour la place financière seraient plus graves. La liste grise de l’OCDE signifiait que le Grand-Duché n’était pas très regardant sur l’évasion fiscale. Ce qui n’est pas certes pas très correct. Mais la liste grise du GAFI, ça veut dire que le Luxembourg n’est pas très regardant sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Là, ça fait plus mal.

Alors bien sûr, le GAFI n’a pas la légitimité de l’OCDE (et le Luxembourg joue là-dessus) mais le gouvernement ne veut surtout pas avoir un soupçon de mains sales en figurant sur une liste de pays placés sous la surveillance du Groupe d’actions, qui ne compte pour l’instant qu’un seul membre de l’UE: la Grèce. Lire la suite »





Mais comment peut-on condamner quelqu’un à payer 4,9 milliards d’euros?

8 10 2010

C’est fou le nombre de billets qui ont été écrits le 5 octobre dernier sur les blogs que je lis régulièrement. Un seul sujet, Jérôme Kerviel. Kerviel et ses 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts. Mais comment peut-on condamner quelqu’un à payer une telle somme? Les blogueurs se classent en deux catégories: ceux qui comprennent, et les autres. Petit florilège. Lire la suite »





Rencontre avec un Titan allemand

1 10 2010

J’attendais cette rencontre avec impatience et curiosité parce qu’on m’avait bien vendu le personnage: « Vous verrez, Contzen est quelqu’un qui n’a pas la langue dans sa poche », m’avait dit il y a plusieurs semaines déjà le chef du service Economie du Tageblatt. Et puis, cet Allemand de presque 62 ans, patron de Deutsche Bank au Luxembourg, est depuis avril dernier le nouveau président de l’ABBL et donc des banquiers de la Place. Ce n’est pas anodin: depuis la création de l’ABBL en 1939, il n’y avait eu jusqu’à présent qu’un seul président non luxembourgeois; le Belge Constant Franssens. Voir arriver un Allemand au moment où les banques allemandes sont en perte de vitesse (même si elles restent de loin les plus nombreuses), ce n’était pas évident. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre qu’il avait toute sa place à la tête des banquiers. Lire la suite »





UBS rattrapée par la justice

13 06 2010

Il se passe enfin quelque-chose dans l’affaire LuxAlpha. Rappelez-vous, c’est ce fonds luxembourgeois  qui a perdu  95% de sa valeur dans l’escroquerie Madoff. Une bagatelle de 1,4 milliard d’euros tout de même. Cette sicav luxembourgeoise avait été créée par UBS. Mais la banque suisse, garante de l’argent placé dans LuxAlpha, assure n’avoir aucune responsabilité dans la perte des investisseurs (qui compteraient quelques grosses fortunes françaises autour de Liliane Bettencourt). Et jusqu’à présent, l’affaire ressemblait à un bourbier judicaire. Au moins une centaine de procédures ont été lancées au Luxembourg et en France  contre la banque et certaines contre les auditeurs du fonds, Ernst & Young. Une bataille d’avocats partie pour durer dix ans. Au moins.

Mais cette semaine, l’affaire a changé d’envergure. La justice luxembourgeoise l’ouverture d’une enquête pour faux et usage de faux contre UBS Luxembourg. «Une bombe», selon l’un des nombreux avocats d’investisseurs lésés. Lire la suite »





La réponse du berger à la bergère

4 06 2010

« Vous voulez qu’on abandonne le secret bancaire? Ok mais dans ce cas là, on a beaucoup de choses à balancer ». C’est en quelque sorte ce qu’a fait comprendre le Luxembourg à la France cette semaine avec le rapport de la police sur l’affaire Karachi. Il faut juste préciser que la police  grand-ducale n’est pas la plus prompte à communiquer sur les affaires importantes (pour les autres, son site regorge d’informations inintéressantes, comme celle-là). Et les relations entre la police et les journalistes sont beaucoup plus froides, voire glaciales, qu’en France. Alors un rapport qui met nommément en cause le président de la République française dans la constitution d’une société offshore qui a permis le financement occulte de la politique en France, ça ne fuite pas sans raison. Lire la suite »





Les fonds? Made in Luxembourg bien sûr

26 02 2010

Ca vaut toujours le coup de se lever pour un petit-déjeuner de presse de l’Alfi, l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement. L’objet du jour: les résultats annuels de l’industrie des fonds au Luxembourg. C’était la première fois que j’allais à cette conférence annuelle, les fonds n’étant pas tout à fait « coeur de cible » pour mon journal.

Bien m’en a pris, je commence à comprendre pourquoi le Luxembourg est si bon pour la gestion de fonds.  Ce qui répond – partiellement – aux questions que je m’étais posées la semaine dernière ici. Pour info, le Grand-Duché est la deuxième place au monde pour la gestions des fonds. Et en ce moment, elle profite de la migration de fonds situés dans des territoires douteux, voire sur liste noire, vers des pays plus respectables car surveillés. Lire la suite »