Mais qu’est-ce que l’Allemagne vient faire là?

12 02 2010

Ce dimanche a lieu au Luxembourg une rencontre informelle de cinq ministres des Finances européens germanophones: allemand, suisse, autrichien, luxembourgeois et du Liechtenstein. Une rencontre qui ne donnera lieu à aucune communication officielle. J’ai déjà appelé le porte-parole de Frieden pour lui demander quand même s’il n’y avait pas moyen de grappiller quelques infos pour le journal de lundi. Ben, non. Et vu que je suis encore loin de profiter des confidences du ministre, je n’en saurais sans doute pas plus.

Cette réunion avait été annoncée mi-janvier. Elle va réunir les pays germanophones, à l’exception de la Belgique qui n’est sans doute pas assez germanophone avec ses 75 000 adeptes de la langue de Goethe. L’objet du jour? Il n’y en a pas vraiment mais l’idée est d’essayer de rapprocher les points de vue en matière de régulation internationale par exemple. Des discussions qui vont donc tourner autour de la finance… et donc la fiscalité… et donc l’échange automatique d’informations?

Reprenons la liste des présents: quatre pays européens qui n’ont absolument rien contre le secret bancaire (la Belgique aurait été là, on aurait eu la dream team d’avant le G20 de Londres) rassemblés autour de l’Allemagne. Une réunion du même genre avait eu lieu il y a presque un an avant le G20 de Londres. Le but, faire front commun face aux attaques contre le secret bancaire qui commençaient. N’y participaient alors que le Luxembourg, la Suisse et l’Autriche.

Alors qu’est-ce Schäuble vient faire là cette fois? Déjà, on peut être sûr que son prédécesseur aurait refusé l’invitation. J’ai déjà parlé ici de l’amour de Steinbrück pour ses voisins germanophones.

Mais même si l’actuel ministre des Finances allemand ne montre pas le même rejet de la politique de ses voisins, les sujets de discorde ne manquent pas en ce moment avec l’affaire des informations bancaires volées en Suisse (et peut-être aussi au Luxembourg) qui pourraient être utilisées par Berlin. Une façon de faire défendue par Merkel mais vivement dénoncée par les Suisses.

Et de l’autre côté, Berlin fait tout pour que ses voisins renoncent au secret bancaire et acceptent l’échange automatique d’informations en matière fiscale. Ce que Luc Frieden et son homologue autrichien refusent. Et pour mettre ses partenaires européens dans l’embarras, le Luxembourgeois demande alors de remettre à plat toute la politique fiscale des pays européen. C’est vrai qu’on pourrait faire un deal: plus de secret bancaire contre plus de niche fiscale et autres exonérations dont les Français et les Britanniques ont le secret.

Donc les quatre petits vont essayer de s’entendre avec le plus puissant pays d’Europe sur les questions où leurs oppositions sont frontales. Tu m’étonnes qu’ils fassent se réunissent entre germanophones: pas d’interprètes, ils peuvent discuter juste à cinq si besoin et dire ce qu’ils nieraient farouchement d’avoir même pensé face caméra. Histoire de vraiment mettre tous les sujets sur la table et voir ce qui n’est absolument pas négociable et comment faire passer la pilule pour le reste. Inutile de préciser que j’adorerais y être.

Publicités

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :