Ce sont toujours les plus petits qui trinquent

30 10 2009

flickr - scottfeldsteinUn an après la chute de Lehman Brothers, les banques vont mieux. Outrageusement mieux, d’ailleurs. Quand on voit l’argent mobilisé pour elles et les dégâts qu’elles ont causé à l’économie dite réelle, on aimerait bien les voir souffrir un peu. Mais à regarder dans le détail, il y a des banques qui tirent la langue et ce sont généralement des petits établissements financiers. Car si ces petites banques ont subi les conséquences de la déconfiture des grandes, elles ne se sont pas refait une santé sur les marchés financiers comme ces dernières depuis le printemps. Dans le système financier comme ailleurs ce sont toujours les petits qui trinquent car ils ne bénéficient pas du label « too big to fail« .

Une étude du cabinet ATKearney sur ce monde financier qui change s’est partiellement intéressée aux petites banques. Celles-ci sont souvent spécialisées dans les petites et moyennes entreprises. Des PME qui se sont pris en pleine gueule l’arrêt brutal de l’activité à l’automne dernier. Et elles sont toujours aujourd’hui en train de tirer la langue, voire de mettre la clé sous la porte sans que leur sort ne préoccupe autant les pouvoirs politiques que celui des grandes entreprises. Car là encore, elles ne présentent pas de risque systémique, elles ne sont pas « too big to fail ». Et des PME en difficulté, ce n’est pas vraiment un secteur porteur pour une banque.

Surtout que l’autre spécialité des banques moyennes est très convoitée: l’épargne. flickr - steve wamplerCes établissements accumulent les dépôts d’une clientèle classique, dite retail. Or, les grandes banques se sont rendus compte qu’elles ont besoin de ces dépôts pour solidifier leur activité. Les dépôts ont fait défaut chez Lehman Brother et les gouvernements cherchent à se mettre d’accord pour obliger les banques à renforcer leurs fonds propres. Et pour capter l’épargne, ces grandes banques se mettent à offrir des taux d’épargne très avantageux. Ce qui va mettre en difficulté les petites banques.

Surtout qu’elles ne bénéficient pas de l’amélioration de l’activité de leurs grandes consoeurs. Pourquoi celles-ci ont-elles affiché de si bons résultats au 3e trimestre? Parce que la confiance revient petit à petit grâce aux garanties accordées par les Etats. Et parce que les établissements financiers ont repris leur bonnes vieilles habitudes spéculatives. Depuis le printemps, ce n’est pas seulement la hausse des cours boursier qui a fait du bien aux banques d’investissements mais aussi leur volatilité. C’est en partie sur les variations de cours que ces établissements refont leur santé. Et ces activités ne sont pas la spécialité des petits établissements. Des petits établissement qui ne bénéficient pas non plus des conditions d’emprunts sur les marchés internationaux avantageuses comme les plus grands.

Il y a un an, les gouvernements avaient sauvé les grandes pour sauver le système. Puis ils avaient appelé à la mise en place d’un système avec des acteurs plus petits pour éviter les crises systémiques. Et finalement, la reprise se fait sur le dos des petits et renforce les grands. Une situation banale mais qui nous prépare  d’autres crises financières.

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