Dur, dur, d’être une banque au Luxembourg

10 09 2009

kirchberg dekaLe Luxembourg a été durement touché par la crise mondiale. Vous me direz, c’est normal, la crise a d’abord été financière. Alors qu’une place financière trinque, quoi de plus banale? Mais ici, l’activité bancaire a souffert plus qu’ailleurs. «Aucun autre pays de la zone euro n’a connu une telle contraction de son système bancaire, hormis la Belgique», a souligné Yves Mersch, le directeur de la Banque centrale du Luxembourg (BCL) ce matin lors de ses traditionnelles prévisions macroéconomiques.

Pourtant, au vu des spécialités de la Place, il n’est pas du tout évident que le Luxembourg souffre plus que d’autres centres financiers. Ici, on gère des fonds (le Luxembourg est la deuxième place au monde pour l’administration de fonds), on bichonne les grandes fortunes. On n’est pas vraiment branché banque d’investissement, quoi. Et c’est ces dernières qui ont le plus trinqué.

On pourrait se dire que c’est parce que les grands pays européens ont bien fait leur boulot : ils ont culpabilisé les détenteurs de comptes dans les paradis fiscaux qui, depuis, ont boudé le Luxembourg. Ben, pas vraiment. Les dépôts dans les banques luxembourgeoises ont diminué de 3% depuis le début de la crise, il y a un an. C’est moins que la moyenne de la zone euro. C’est d’ailleurs plutôt une bonne nouvelle pour la Place qui un –un peu – craint que l’affaire Madoff ne soit néfaste auprès de ses clients. Ça aurait d’ailleurs dû lui être néfaste pour des raisons qui mériteraient que je leur consacre un billet, un jour.

Si la confiance des clients est toujours à peu près là, qu’est-ce qui cloche ? Déjà, le système bancaire plus que surdimensionné pour plus pays (grosso modo 40% du PIB). La banque de détail ne peut donc pas servir d’amortisseur aux chocs.mersch Mais Yves Mersch a insisté sur une autre raison, toute simple. Les 146 banques répertoriées dans le pays sont presque exclusivement des filiales de grands groupes. «Nous subissons une stratégie décidée à l’étranger », rappelle le directeur de la BCL.

Et ces banques étrangères viennent de connaître une année de cauchemar. Beaucoup ont mis en place des réductions de coût et d’activité. Et, reflexe normal, elles rapatrient dans leur siège une partie des activités restantes. Ce qui laisse «moins de marge de manœuvre» pour leur filiale luxembourgeoise, note Yves Mersch.

Et les banques luxembourgeoises n’ont pas fini de souffrir des difficultés de leurs maisons-mère. «Les banques luxembourgeoises sont plus profitables. Il se pourrait qu’il y ait des transferts de risque» des maisons-mère vers leurs filiales luxembourgeoises, estime que directeur de la BCL qui ajoute que ceci «n’est pour l’instant que des conjectures» qui ne sont pas étayées par des chiffres. Ces chiffres, il les attend pour la fin de l’année : les provisions des banques luxembourgeoises pour défaut de paiement devraient exploser. A suivre, donc.

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