De l’utilité des essuie-glaces

26 07 2009

En ce moment, je m’intéresse beaucoup à la notion de prix – essuie-glaceset donc de gratuité – qui rejaillit sur la place publique avec la loi Hadopi, notamment. J’avais justement dans ma pile de livres à lire, celui d’Olivier Bomsel sur la gratuité et l’économie numérique. Le livre commence par resituer le débat avec une question qui pourrait être une dissertation d’économie au lycée : comment détermine-t-on le prix d’un produit ou d’un service ?

La réponse paraît simple mais, comme sur toute question économique, il y a deux écoles qui s’affrontent : coût de production ou utilité. Et la semaine dernière, j’ai pu méditer le mérite de ces deux écoles grâce à … mes essuie-glaces.

En rentrant la nuit de Sarrelouis sous une pluie fine, les essuie-glaces de ma vénérable voiture m’ont lâchement laissé tomber. Je suis quand même rentrée –doucement – chez moi en espérant que le lendemain, le ciel serait clément. Et non, c’est le Luxembourg quand même. J’ai donc eu le plaisir de faire la connaissance des employés du garage voisin. Arrivée à 8h45, un garagiste s’occupe de ma voiture dix minutes plus tard, je reste à côté. Il ne lui a fallu que six minutes et un tournevis rendre vie à mes essuie-glaces.  Une prouesse facturée plus de 18 euros pour officiellement un quart d’œuvre de main d’œuvre.

Question : est-ce cher payé ?

money2Si on estime que le prix est déterminé par le coût de production, oui. Aucune pièce n’a été remplacée et à 15 euros hors taxe (on est au Luxembourg) le quart d’heure, cela fait le coût de la main d’œuvre à 60 euros de l’heure. Mince, j’ai manqué ma vocation…

Par contre, si on estime que le prix résulte de l’utilité qu’en retire l’acheteur, non. Je devais rentrer en Alsace le soir même. Sans essuie-glaces opérationnels, j’aurais dû prendre le train, ce qui aurait été un peu plus cher et beaucoup plus long (oui je sais, une «écolo» comme moi ne devrait pas s’arrêter à ce genre de considération…). Là, je suis sortie du garage tout juste une demi-heure après y être rentrée. J’étais à l’heure pour une conférence de presse le matin et j’ai pu rentrer chez moi le soir. 18 euros, ce n’est finalement pas si cher payé.

A l’époque où j’étais au lycée, mes professeurs ne juraient que par le coût de production. Aujourd’hui, dans notre belle société de services, c’est l’utilité qui prime.

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