Eric et Carlo sont sur un bateau…

15 05 2009

BGLCa y est, c’est fait: la BNP a enfin racheté la BGL. Plus de sept mois après l’annonce initiale du rachat. Entre temps, il y a eu les protestations des actionnaires de Fortis, qui détient 50% de la BGL, les rebondissements juridiques et les gesticulations de Modrikamen.

Mais hier, tout cela était – presque – oublié quand les patrons de la BGL et de BNP Paribas Luxembourg ont présenté la nouvelle BGL. Plus belle, plus grande, plus forte pour séduire tous les clients qui ont lui ont tourné le dos quand elle s’appelait encore Fortis Banque Luxembourg.

Hier, donc, ils étaient deux à prendre à peu près équitablement la parole pour présenter ce qui va devenir la plus grande banque du Grand-Duché. Deux orateurs car ils seront bien deux à la diriger: Eric et Carlo se retrouvent à la tête du même bateau…

Jusqu’au  13 mai 2009, Carlo Thill est président du comité de direction de BGL, et Eric Martin directeur général de BNP Paribas Luxembourg. Aujourd’hui, leurs deux banques font partie de la même famille, alors  ils co-président la nouvelle BGL. Bon, cette cohabitation n’est que passagère, elle ne doit durer que le temps de mener à bien l’intégration de BGL dans le groupe BNP Paribas. Mais  une fois leur mission terminée, lequel de ces deux dirigeants, si semblables et si différents, s’effacera?

Il y a un an, auraient-ils seulement envisagé de devoir travailler ensemble au rapporhcement de leurs deux établissement? Il y a un an, c’est-à-dire avant le plan de solvabilité de huit milliards d’euros qu’avait lancé l’ancienne Fortis, un plan très mal reçu par les investisseurs et qui avait fragilisé la banque qui n’a ensuite pas survécu à l’onde de choc européenne qui a suivi la faillite de Lehmann Brothers mi-septembre. Ok, il y avait déjà le passif de l’intégration indisgeste d’ABN Amro qui devait être déjà connu mais le choc doit quand même être rude, surtout pour Carlo Thill qui a vu sa banque malmenée à cause des déboire de sa maison-mère.

Ce Luxembourgeois, qui a fêté ses 56 ans le 23 avril dernier, est un pur produit de la BGL où il est entré en 1978. Il est au comité de direction de la banque depuis 1998.  Il a donc connu toute la montée en puissance de la place financière, la crise de 2001-2002 et bien sûr le rachat de la BGL par Fortis en 2005. Une carrière entièrement luxembourgeoise au service d’une banque de détail qui était purement luxembourgeoise jusqu’à l’épisode Fortis.

En face, Eric Martin, même âge, est lui un pur produit de BNP Paribas. Il est entré à la Banque nationale de Paris en 1975. Il est passé par les bureaux de New York, Tokyo et  Francfort avant d’arriver à Luxembourg début 2005. Une carrière très internationale dans le private banking et autres services loin de la clientèle des particuliers chez ce qui est en train de devenir la plus grande banque d’Europe.

Sur le papier, inutile de préciser que les deux dirigeants n’ont pas la même perception de ce qui sera à partir du 11 juin prochain la BGL BNP Paribas.  Je ne crois pas qu’Eric Martin ait vocation à rester. Si la fusion se passe bien, il visera sans doute un poste plus important au sein de sa société, le groupe BNP Paribas. Tandis que Carlo Thill restera sans doute attaché à la luxembourgeoise BGL BNP et non au groupe dont elle dépend.

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One response

1 06 2009
Raphaël DIDIER

L’affaire BNP… un véritable feuilleton !

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