La Californie, version Steinbeck

22 03 2009

Le roman de SteinbeckQuand il n’y a pas d’actualité, il y a toujours des dépêches. L’AFP a toujours des sujets un peu « magazine » à nous mettre sous la dent. C’est gentil. Cela dit, cela faisait quelques temps que l’actualité économique suffisait à remplir un journal.

Mais ce dimanche, je ne sais pas vraiment pourquoi, l’AFP a lancé une multitude de sujets un peu décalés. En général, on en reçoit deux ou trois le dimanche quand il ne se passe pas grand chose. Cette fois, c’est sept d’un coup. Comme toute entreprise, l’AFP doit liquider ses stocks, je suppose.

Par contre, les sujets ont tous un point commun, la crise: la crise touche les yachts (perso, je m’en fout mais l’info a été reprise sur le net), la crise pourrait accélérer la reforme des hôpitaux en Allemagne (fallait y penser), l‘export dans les pays émergent, le remède anti-crise (je n’y crois pas vraiment), les PDG japonais se serrent la ceinture face à la crise (si leurs homologues occidentaux pouvaient faire de même) ou encore le 405, un club des anciens flambeurs new yorkais devenus chômeurs.

afpToutes ces dépêches ont retenu l’attention d’un ou plusieurs média en ligne. Celle qui m’a le plus marqué a laissé la Toile indifférente: un « camping sauvage » (des SDF) à côté de Sacramento, peuplé d’Américains qui ont notamment perdu leurs logements à cause de la crise.

La lecture de cette dépêche m’a furieusement rappelé les Raisins de la colère de Steinbeck. Un roman qui raconte les ravages de la crise des années 30 au Etats-Unis. Certes, ici, les tentes bariolées montrent qu’on est au 21e siècle. Pour le reste – les pauvres rassemblés dans des campements et qui symbolisent les conséquences d’une crise financière qui les dépassent – c’est la même chose. Bien sûr, l’ampleur du phénomène est sans doute bien moindre. Mais le fait que le phénomène se répète montre que les progrès du capitalisme en 70 ans ne sont pas si fulgurants que cela.

Voici la dépêche, à vous de juger:

SACRAMENTO (Etats-Unis), 22 mars 2009 (AFP) – « Je suis sans maison, mais pas sans abri », explique Renee Hadley, qui comme des dizaines d’autres Américains a échoué sur un terrain de Sacramento (Californie, ouest) transformé en camping sauvage, alors que l’Etat subit de plein fouet les effets de la récession.

SDF SacramentoIl y a encore un an, Mme Hadley, 38 ans, vivait à Seattle, la grande ville du nord-ouest des Etats-Unis. Fuyant un compagnon qui la battait, elle a fini par arriver sur les bords d’une rivière à proximité de la capitale administrative de la Californie, à 150 km au nord-est de San Francisco. Elle partage sa tente avec un chien et trois chats, fait sa cuisine sur un feu de camp. L’endroit n’a ni eau courante, ni électricité, ni toilettes. Des trains de marchandises passent à proximité dans un vacarme assourdissant.

Comme ses compagnons d’infortune, Mme Hadley survit grâce à la générosité du voisinage: nourriture, bouteilles de gaz et vêtements, dans une région où le froid peut être mordant pendant l’hiver. Mais ce ne sont que des expédients, remarque-t-elle. « Pourquoi ne nous donnent-ils pas des emplois ou des maisons à loyer modéré? Quatre-vingt-dix pour cent d’entre nous ne veulent pas vivre ici. Ca commence à devenir affreux », assure Mme Hadley, en se roulant une cigarette.

A ses côtés, un homme de 39 ans, qui ne donnera que son surnom, « J-Dawg ». Il y a cinq ans, il gagnait 70.000 dollars par an comme technicien dans une entreprise de télécommunications, soit davantage que le salaire médian aux Etats-Unis. Mais il est tombé dans le piège de la drogue et n’a plus repris pied. Quelque 120 personnes dorment chaque nuit dans cette « ville de tentes », qui en est venue à symboliser la récession économique et la crise du logement, au point que le maire de Sacramento a annoncé cette semaine sa fermeture, promettant que ses occupants seraient relogés dans des bâtiments en dur. Car il n’y a pas que des alcooliques, des drogués et des malades mentaux dans ce campement de fortune désormais en sursis: certains ont été jetés à la rue après avoir perdu leur maison en raison de la crise des « subprime ».

Des camps identiques ont poussé dans tout le sud des Etats-Unis. La Californie a toujours connu une forte population de sans-domicile-fixe, en raison du prix élevé de l’immobilier, mais aussi du climat clément. La récession est particulièrement brutale dans l’Etat américain le plus peuplé, où le chômage dépasse les 10% et où le taux de saisies immobilières est l’un des plus élevés du pays.

Pour Libby Fernandez, une religieuse qui distribue gratuitement des repas à 650 personnes par jour à Sacramento, la solution consisterait à construire des logements sociaux. Selon elle, 2.500 SDF vivent à Sacramento (475.000 habitants) mais seule la moitié peuvent être hébergés dans des infrastructures d’urgence. « Ce ne serait pas bien, d’un point de vue moral », de déplacer les campeurs de fortune ailleurs, dit-elle.

Seules quelques tentes sont en bon état, beaucoup d’autres étant cernées par des ordures, des cartons et des vêtements abandonnés. Onze canettes de bière parsèment l’espace autour de la tente de William Barnett. Cet ancien palefrenier est arrivé il y a quatre jours et il ne sait pas combien de temps il va rester. « Jusqu’à ce que je me suicide. Jusqu’à ce que je n’aie plus d’argent », lance ce sexagénaire avec un rire amer.

Publicités

Actions

Information

2 responses

5 04 2009
amiggiceave

Great site this goutsdelux.wordpress.com and I am really pleased to see you have what I am actually looking for here and this this post is exactly what I am interested in. I shall be pleased to become a regular visitor 🙂

11 04 2009
DawKAyam

nice site this goutsdelux.wordpress.com nice to see you have what I am actually looking for here and this this post is exactly what I am interested in. I shall be pleased to become a regular visitor 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :