Le Luxembourg, moins paradisiaque que certaines îles européennes

16 03 2009

En ce moment, les médias français aiment à confondre secret bancaire et paradis fiscal. Si le secret bancaire est bien un outil utilisé par des paradis fiscaux, ce n’est pas la première caractéristique de ces derniers. Le secret bancaire caractérise un paradis bancaire. La belle île de Saint Barth'

Alors que la définition simple d’un paradis fiscal, c’est « un territoire à la fiscalité très basse comparé aux niveaux d’imposition existant dans les pays développés ». Sur ce point, certains territoires français, anglais ou américain sont plus bien plus paradisiaques – et pas que pour la météo – que le Grand-Duché.

S’il et plus facile – et habituel – pour Sarkozy de taper sur les autres pour éviter une remise  en cause, il est assez énervant de voir la presse française suivre comme un bon petit soldat les déclarations du président.

Paisible pour les grandes fortunesJe ne crois pas un seul instant qu’un journaliste qui a passé quelques années dans une rédaction économique ne sait pas que bon nombre d’îles situées outre-mer ont une fiscalité très avantageuse : à Saint-Martin, Saint Barthélémy, aucune fiscalité directe n’existe ou presque. Pas de droit de douane ni de TVA non plus. Mais ce dernier point s’explique par les forts coûts de transport : si on devait en plus ajouter des taxes, les prix atteindraient des sommets… comme en Guadeloupe.

Par contre, l’absence de tout autre fiscalité fait de ces îles, déjà paradisiaques, un havre de paix pour les grosses fortunes. Ce qui vaut d’ailleurs à Saint-Barth’ d’être classé comme paradis fiscal par Attac. Globalement, pas mal de territoires hors-métropoles bénéficient d’avantages fiscaux parce qu’ils ont une autonomie en matière fiscal, même si tous ne se situent pas au niveau de Saint-barth’.

Et la France n’est pas la seule dans ce cas: le Royaume-Uni est bien connu pour abriter des centres offshore.

delaware, le premier EtatTout comme l’Etat de Delaware au Etats-Unis où  850 000 sociétés ont leur siège social. L’Etat compte 784 000 habitants. Dans ce petit Etat, une entreprise offshore, c’est-à-dire qu’elle n’a pas d’activité dans l’Etat, paie une imposition forfaitaire d’environ 300 euros par ans.

Donc il y a pire que le Luxembourg. Si Sarkozy voulait s’attaquer aux « trous noirs » de la finance, il pourrait commencer par balayer devant sa porte

Ceci dit, qu’en est-il du Grand-Duché ? S’il ne figure pas dans la liste de l’OCDE et devrait échapper à la liste du G20, il n’en reste pas moins qu’il est répertorié comme paradis fiscal par le Fonds monétaire international (FMI), rien que ça. Un symbole du Plateau du Kirchberg, haut-lieu de la place financière luxembourgeoiseBon, il n’est pas seul, la Suisse et l’Irlande y figurent aussi. Mais pas la France et ses territoires d’outre-mer, ni l’Autriche et la Belgique avec leur secret bancaire. Un cas est intéressant, celui du Royaume-Uni et de ses centres offshores: il n’est pas officiellement répertorié par le FMI mais par une étude du FMI qui n’a pas été reprise officiellement

Pour revenir au Luxembourg, il est classé paradis fiscal par ce qu’il n’y a pas que le niveau de taxation qui est pris en compte pour la définition officielle (sinon la France et le Royaume-Uni y figureraient). Parmi les critères repris dans la définition de wiki, il faut notamment : un secteur financier très développé par rapport à la taille du pays, c’est le cas du Luxembourg puisque la place financière représente 40% du PIB. Et de bonnes infrastructures de communication et de transport, ce qui est encore le cas pour le Grand-Duché mais plus pour les territoires français d’outre-mer.

Etre classé comme paradis fiscal a finalement plus à voir les avantages fiscaux pour les entreprises que pour les particuliers. D’ailleurs sur ce point le Delaware ou Londres sont plus avantageux que le Grand-Duché. Mais Sarkozy, tout comme Merkel, focalisent leurs discours sur l’évasion fiscale des grandes fortunes. Ces grandes fortunes qui ont autant, voire plus d’intérêt à se localiser dans l’outre mer français.

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One response

28 03 2009
Laurence

Association d’idées:

citation d’un article de rue89:
« Il est évident qu’on ne va pas demander à un parrain de la mafia une autorisation de tournage pour un sujet sur le trafic de drogue, ou à un banquier du Luxembourg pour savoir comment il conseille des placements offshore à ses clients » (http://www.rue89.com/tele89/2009/03/28/la-tele-abuse-t-elle-de-la-camera-cachee-le-figra-en-debat)

Le Luxembourg est donc associé à des pratiques douteuses de banquier, sympa comme image à l’étranger…

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