Qu’est-ce que le vote Fortis change?

12 02 2009

Hier, les actionnaires belges de la banque Fortis ont fait ce que la direction pensait impossible jusqu’au weekend dernier. Ils ont voté trois fois non lors de l’assemblée générale du bancassureur. Résultat, le plan de sauvetage de Fortis, décidé en urgence début octobre 2008, est rejeté.un petit actionnaire pas content

Passé le momment de stupeur, la direction du groupe a lancé son plan de communication, prévu pour rassurer les clients. Le gouvernement belge a convoqué un kern (conseil des ministres restreints) pour faire le point et une rencontre en urgence a eu lieu au Luxembourg entre plusieurs membres du gouvernement et la direction de BGL, ex-Fortis Luxembourg.

Alors? Qu’est-ce que ce vote change pour la BGL? Rien ou tout, c’est selon le point de vue.

Rien, parce que la situation juridique de la banque luxembourgeoise est inchangée. Comme l’a rappelé hier le président du comité de direction ce BGL, Carlo Thill, «Fortis Holding et BGL n’ont plus rien à voir». C’est, entre autre,  la nationalisation du groupe Fortis – Fortis Holding – qui a été rejetée par les actionnaires belges. Et par là la vente des actifs par l’Etat belge à la banque française BNP Paribas.

Le vote ne concernait donc pas Fortis Belgique qui reste détenue à 99,9 % par l’Etat belge et qui reste à 50,5% actionnaire de BGL. L’autre principal actionnaire (à 49 %) c’est toujours l’Etat luxembourgeois.

Lux Frieden, le ministre du Budget qui a aussi la charge de la place financière, s’est massivement exprimé hier soir pour assurer que l’Etat luxembourgeois resterait actionnaire de la banque aussi longtemps qu’il le faudrait pour «garantir l’épargne des clients». Son objectif, c’était bien sûr d’éviter tout mouvement de panique et tout retrait massif  d’argent dès ce matin.

Des membres de la direction de Fortis sortent d'une rencontre avec Jean-Claude Juncker (au premier plan) et Jeannot Krecké, ministre de l'Economie (à droite)

Des membres de la direction de Fortis sortent d'une rencontre avec Jean-Claude Juncker (au premier plan) et Jeannot Krecké, ministre de l'Economie (à droite)

Mais le vote change tout quant au rachat de BGL par BNP Paribas. La banque française devait racheter la banque luxemborgeoise en prenant notamment les parts belges. Le seul problème, c’est que cette cession là est remise en cause par le vote de l’assenblée générale. En rejetant la nationalisation de Fortis Holding, les actionnaires ont rejeté sa cession qui devait suivre à BNP Paribas, et cet accord là concernait l’entité luxembourgeoise.

Donc il faut tout reprendre depuis le début. Et c’est ça qui change. Alors, est-ce que BGL va être rachetée par BNP Paribas? Je pense que oui. D’abord, hier, le message de Frieden était double: il a dit aux clients que l’Etat soutiendrait la banque aussi longtemps qu’il le faut. Puis il a dit qu’il était toujours ouvert au rachat par BNP Paribas.

Maintenant, il faut savoir quelles en seront les modalités. Le problème vient de Fortis Belgique. Comment peut-elle vendre ses parts à BNP alors que l’assemblée générale l’a refusé? La réponse ne vient pas de moi mais du chef du service Economie du Tageblatt. Pour Helmut Wyrwich, le conseil d’administration de Fortis peut décider, non pas de vendre ses parts à BNP mais à l’Etat luxembourgeois. Celui-ci détiendrait alors la quasitotalité des actions de BGL et pourrait à sa guise les revendre à BNP.

L’opération prendrait un certain temps mais elle parait très probable. Tout d’abord parce que sur le terrain, la fusion BGL et BNP a commencé. C’est le cas dans l’activité des fonds. Ensuite, BNP a multiplié en coulisse ses marques d’intérêts pour BGL. Les membres de la direction sont venus à plusieurs reprise au Grand-Duché, avec un homme clé dans ce dossier: Alain Papiasse, président du Conseil d’administration de BNP Paribas Luxembourg et membre du comité de direction du groupe BNP Paribas à Paris.

Et surtout, cette fusion est pertinente. Les deux entités luxembourgeoises sont complémentaires dans leurs métiers et proches dans leur organisation. Certes, le rapprochement n’a pas été bouclé en décembre, comme nous le promettait la direction de l’ex-Fortis Luxembourg en octobre. Mais à terme, elle se fera très probablement.

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