Chiffre d’affaires record et … licenciements record

27 01 2009

Jim Owens PDG de CaterpillarUne petite phrase qui ne manque pas de sel, piochée dans une dépêche afp hier : “Même si 2008 a été notre sixième année consécutive de chiffre d’affaires record (51,23 milliards de dollars), cela a été une année extraordinairement difficile”, a souligné Jim Owens.

Jim Owen, c’est le patron de Caterpillar qui a annoncé le même jour un chiffre d’affaires record pour 2008 et la bagatelle de 20 000 « suppressions de postes » (on ne parle jamais de licenciements dans la communication, et c’est vrai qu’au final, Caterpillar ne licenciera pas 20 000 personnes). Il faut oser.

Petite précision, sur les 20 000 postes, 8 000 sont des CDD et intérimaires qui ne sont pas comptés dans les statistiques de l’entreprise, qui emploie plus de 85 000 personnes, selon wiki.

Cela fait donc six ans que cette entreprise, leader dans la fabrication d’engins de chantiers, accumule les bons résultats mais aux premiers revers, elle licencie. Certes, la crise actuelle est la pire depuis au choix: la Seconde guerre mondiale, 1929, le début du capitalisme. Mais on pourrait imaginer qu’une entreprise bien gérée fait des réserves pour les années de vache maigre.

De gros engins bien reconnaissablesEt bien non, Caterpillar a déjà besoin de mesures radicales pour affronter « une année très dure ». Les mauvaises langues diront que les actionnaires ont profité des bons résultats et que les salariés trinques avec les mauvais…

Côté emploi et production, si on rajoute à ses effectifs officiels les 8 000 intérimaires, Caterpilla emploie environ 93 000 personnes. Elle supprime donc plus de 20% de ses effectifs. Elle a aussi annoncé une baisse des heures supplémentaires pour ceux qui restent. Donc elle envisage une baisse encore plus importante de sa production, disons d’un quart.

Si elle sabre autant dans ses effectifs, c’est qu’elle anticipe que la crise n’est pas juste une mauvaise passe. Sa production va diminuer pour une longue période, Caterpillar envisage sans doute de sortir affaiblie de la récession et de ne pas retrouver un rythme de production tel que dans les années 2000 avant longtemps.

Fin décembre, j’avais rencontré deux « people » de KPMG qui me présentaient une étude sur la politique de ressources humaines des entreprises financières au Luxembourg. Pas de licenciement massifs en vue. Pourquoi? Parce que les entreprises voulaient garder leur potentiel humain intact pour être performant au moment de la reprise

La comparaison entre les deux situations est un peu facile: la place financière a besoin de profils à haute valeur ajoutée qui ne se trouvent pas facilement, elle a donc tendance à garder ses « key people » à qui elle accorde de la valeur. C’est juste ecoeurant dommage que Caterpillar n’accorde pas de valeur à ses salariés

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