Sarkozy n’y connaît rien à la finance (je m’en serais douté)

12 01 2009

sarkozy-voeux-parlementairesUn très bon billet (en tout cas, moi j’ai adoré) de Nicolas Cori  sur comment Sarkozy a – mal – justifié l’aide au secteur financier lors de ses vœux aux parlementaires.

Je conseille la lecture complète de ce papier. Il est long mais c’est une vraie étude de texte. C’est dommage que ce soit un billet et non un article publié par Libération. Ce que montre ce papier – et dont je ne doutais pas – c’est que Sarkozy s’est comporté dans cette affaire comme un libéral, au mieux obtus au pire incompétent ou malhonnête, dans son raisonnement.

A côté, Juncker et Frieden passeraient pour des méchants interventionnistes. Car au Luxembourg aussi, l’Etat et intervenu pour sauver des banques.

Et il l’a fait d’une façon similaire au cas britannique: en gardant la main sur les dossiers, c’est-à-dire en entrant au capital. En quelques jours fin septembre, il a injecté 2, 876 milliards d’euro pour 2 banques (Dexia et Fortis) contre des obligations convertibles en actions rémunérées à 11%. C’est beaucoup mieux que les 9 % de rémunération pour les 10,5 milliards injectés en France.

Pour les financer, l’Etat luxembourgeois a lancé la plus grosse souscription publique de son histoire. 2 milliards rémunérés au taux européens d’alors. C’était fin novembre, le taux devait encore être à 3,75%. L’émission a été entièrement souscrite, bien sûre,  avant la fin de la date de clôture. Contre cet argent, le gouvernement s’est ouvert des droits sur près de la moitié du capital de feu Fortis Banque Luxembourg et sur 20% de Dexia Luxembourg. Mais pas seulement, il a obtenu des garanties sur les participations des banques dans le capital d’entreprises luxembourgeoises.

Résumons:  Sarkozy donne de l’argent sans obtenir de contrôle sur les banques et sans compenser cette liberté par une rémunération plus forte, au contraire. En face, le Luxembourg pose ses conditions au prêt d’argent: un droit de regard sur l’entreprise en entrant au capital, des garanties quant à la préservation des entreprises luxembourgeoises dans lesquelles les banques ont investit. Le tout pour un taux qui n’a pas fait sourciller le Commission européenne, si prompt à éviter  l’immixtion du public dans le privé (mais pas l’inverse).

Bien sur, ce post reflète ma vision des événements et le Luxembourg a réagit comme d’autres pays européens, ni plus ni moins. Mais pour un pays montré du doigt en France pour son laxisme envers les banques, le Grand-Duché en s’est mieux sorti que l’Hexagone. Ou plutôt, la facture sera moins lourde pour les résidents luxembourgeois que pour les résidents français.

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