La CSSF et Madoff

4 01 2009

La CSSF

L'autorité de régulation du secteur financier

C’est la plus grosse escroquerie financière jamais répertoriée. Elle pourrait atteindre 50 milliards de dollars, particulièrement touchés, les fonds d’investissement. Tiens, une spécialité luxembourgeoise. Pourtant l’impact de Madoff sur la Place n’a pas vraiment fait les gros titres de la presse nationale.

Un Journaliste du Jeudi s’est quand même étonné dans un article du 31 décembre de l’attitude de la CSSF, ou Commission de surveillance du secteur financier,  le régulateur luxembourgeois. Un article que j’ai pris plaisir à lire: je partage son étonnement.

D’abord, le régulateur a pris son temps pour communiquer. Il a fallu que des médias étrangers mettent en cause des fonds et le régulateur luxembourgeois pour qu’elle communique.

Il faut savoir que la CSSF, ne répond pas aux questions directement. Il faut envoyer un mail et attendre. Personnellement, j’ai envoyé un premier mail, le mardi suivant la découverte de la fraude pour en connaître l’impact dans le pays.

Sans réponse, j’ai relayé des informations glanées dans la presse étrangère, du genre Les Echos (et oui, ici, les Echos, c’est exotique…). Le quotidien interrogeait un responsable de l’AMF qui critiquait la CSSF.

Forte de cette pique, je renvoie un mail à la CSSF qui, oh! bonheur, me répond, indiquant simplement que les fonds luxembourgeois respectent les directives européennes. Ce qui est vrai.

Le 22 décembre la CSSF chiffre enfin l’impact de l’escroquerie de Madoff pour la Place. 1,9 Milliard d’euros, soit « 0,15 % des avoirs nets globaux des organismes de placement collectif au 30 novembre 2008 », précise-t-elle. Des avoirs qui connaissent d’ailleurs une belle dégringolade depuis l’été.

Le siège d'UBS au Luxembourg

Le bâtiment d'UBS au Luxembourg

Et ensuite, elle reste évasive, surtout concernant Lux Alpha. C’est l’un des fonds les plus touchés en Europe pour lequel la banque dépositaire, UBS, cherche à échapper à tout responsabilité. La CSSF n’a pas encore pris de position ferme sur le sujet.

Il faut savoir qu’UBS est le dépositaire de cette sicav, donc en théorie garant des fonds. Mais elle a délégué sa responsabilité peu de temps avant l’éclatement du scandale.

Pouvait-elle légalement le faire? la CSSF n’a pas directement répondu. Le 2 janvier, elle a rappelé la responsabilité du dépositaire des fonds, même si la gestion est déléguée.

L’affaire n’est pas anodine. Lux Alpha aurait investi ses fonds, environ 1,4 Milliard d’euros dans les sociétés de Madoff. Et c’est via Lux Alpha que de nombreux épargnants sont touchés en France. Si UBS n’est pas forcée à assumer quelque responsabilité, il ne faut pas compter sur Access Management pour le faire à sa place.

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4 01 2009
Julien

Billet intéressant même si certains acronymes devraient être explicités (AMF, UBS…) ou déboucher sur les sites web des institutions concernées.

Analyse intéressante en tout cas, à rapprocher de celle de l’hebdomadaire français Marianne si le caractère globalement pourri ou non de tout le système financier…

http://www.marianne2.fr/Le-numero-611-de-Marianne-L-arnaque-Et-si-tout-le-systeme-etait-une-escroquerie-_a171786.html

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